L'Avare

Prenez un défaut, n'importe lequel. Cherchez-le chez les gens de votre entourage; vous le trouverez chez presque tout le monde, présent à des degrés divers. Vous serez étonné(e), choqué(e), contrarié(e) (et j'en passe) mais peut-être pas amusé(e).

Un défaut n'est drôle qu'à partir du moment où il prend des proportions trop gigantesques pour être réelles. Prenez un personnage un peu crédule... bof! Mais prenez le Candide de Voltaire... Ah!

L'Avare de Molière, c'est à peu près ça, mais avec la touche de génie que l'on connaît chez monsieur Poquelin. L'avarice prend le pas sur tout le reste chez Harpagon, au point qu'il en devient drôle, ridicule, voire attachant. Cet Avare l'est profondément, l'avarice est son essence même.

Bien sûr, s'ajoute à ce principe de base l'intrigue "ficelée serrée" : Harpagon prévoit pour ses deux enfants des mariages de raison et veut lui-même épouser la douce Mariane, mais les jeunes gens ne l'entendent pas du tout de cette façon et feront tout en leur pouvoir pour faire changer l'Avare d'avis ou, du moins, le forcer à revoir ses projets. Il sera question de fuite, de fausse marquise, de vrai père et, naturellement, d'amour.

Pour couronner le tout, le cinquième acte (le dernier) nous offre une fin dans le style deus ex machina le plus pur, qui ferait rougir même les scénaristes des meilleurs soaps de l'histoire des États-Unis.

Le langage et le contexte social datent un peu, évidemment, mais les thèmes abordés sont propres à l'homme plus qu'à une époque; comment ne pas se retrouver un peu dans ces personnages si éloignés de nous à première vue?

- Antoine Michaud


Remarque : cette description maison n'est certes pas la meilleure qui ait été faite de cette pièce. Si la lecture de ses structures de phrases boiteuses vous a fait frémir, n'hésitez pas à prendre votre plume et à nous en envoyer une meilleure!

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